Le climat n’est plus un sujet d’image dans la finance — c’est devenu un risque financier matériel. Les régulateurs, les banques centrales et les plus grands investisseurs institutionnels attendent désormais des professionnels qu’ils sachent valoriser un actif, structurer un financement ou piloter un portefeuille en intégrant le climat de manière opérationnelle, et non pas en surcouche.
Le Climate Risk, Valuation, and Investing Certificate, lancé par le CFA Institute, est la qualification qui répond à ce nouveau standard. Dans cet article, nous présentons le certificat, expliquons concrètement ce qu’il enseigne, pourquoi il prend une importance particulière aujourd’hui — notamment pour les banques soumises aux stress tests climatiques — et ce qu’il peut apporter à votre carrière.
Qu’est-ce que le Climate Risk, Valuation, and Investing Certificate ?
Le Climate Risk, Valuation, and Investing Certificate est une qualification professionnelle délivrée par le CFA Institute, conçue pour donner aux professionnels de la finance les compétences nécessaires pour intégrer le climat dans l’ensemble du processus d’investissement — de l’analyse d’actifs à la construction de portefeuille, en passant par l’engagement actionnarial.
Format et structure de l’examen
- 5 modules en ligne en self-paced, accessibles pendant 12 mois après l’inscription
- Environ 100 heures de travail
- Quiz hebdomadaires, devoirs, évaluations entre pairs, et un examen final obligatoire pour valider le certificat
- Disponible en format self-paced ou en cohorte structurée sur 6 mois
- Tarif : 1 590 USD (tarif réduit pour les membres du CFA Institute)
- Délivre un digital badge + un certificat permanent
- Éligible à 20 crédits de formation continue (CE) pour les CFA charterholders
Programme du certificat (5 modules)
- Climate Science, Risks, and Regulations — les fondamentaux scientifiques du changement climatique, les risques et opportunités financiers associés, et la réponse réglementaire internationale.
- Transition Finance — comment les entreprises se préparent à la transition bas carbone, les risques de transition, et les cadres de planification climatique d’entreprise.
- Climate and Valuation: Listed Equity and Debt — intégrer les risques climatiques matériels dans l’analyse et la valorisation des actions cotées et des obligations corporate.
- Climate and Valuation: Alternatives — appliquer la même discipline au private equity, à la dette privée, à l’infrastructure et à l’immobilier.
- Portfolio Management and Stewardship for Climate Risk — construire des portefeuilles sous contrainte climat et engager les entreprises en tant qu’actionnaire responsable.
À quoi cela sert concrètement ?
Le certificat est construit autour de cas d’usage opérationnels, pas de principes abstraits. Voici ce que vous saurez faire à la sortie du programme :
1. Valoriser un actif avec le climat intégré, pas en surcouche
Concrètement : construire un modèle DCF sur une entreprise industrielle en ajustant les projections de chiffre d’affaires pour le risque de transition (prix carbone, destruction de demande sur les segments fossiles intensifs) et en ajustant le WACC pour l’exposition au risque physique (par exemple un site industriel côtier).
La même logique s’applique à une obligation corporate, un fonds de private equity, ou un actif d’infrastructure tel qu’un port ou un data center.
2. Réaliser des stress tests climatiques — le nouveau standard pour les banques
C’est sans doute là que le certificat devient une compétence quasi incontournable.
Depuis 2022, la Banque centrale européenne mène régulièrement des stress tests climatiques sur l’ensemble du secteur bancaire de la zone euro. L’ACPR (en France), l’EBA et la Bank of England font de même.
Les exercices reposent sur les scénarios NGFS (Net Zero 2050, Delayed Transition, Current Policies…) et alimentent désormais directement l’ICAAP et les exigences en capital du Pilier 2.
En pratique, cela signifie que l’équipe risques d’une banque doit savoir traduire une trajectoire à 2°C ou 3°C en :
- une hausse de probabilité de défaut sur le portefeuille de prêts corporate,
- un ajustement de LGD sur le portefeuille immobilier dans les régions exposées aux inondations,
- un choc de risque de marché sur les positions de trading exposées aux secteurs sensibles à la transition.
Ce sont précisément les compétences que développe le certificat.
La même logique s’applique aux assureurs sous Solvabilité II, dont les exigences en stress tests climatiques se sont également durcies.
3. Structurer des financements alignés avec la transition
Que vous travailliez en banque corporate, en project finance ou en dette privée, vous serez de plus en plus sollicité pour évaluer l’alignement de transition des financements que vous originez :
- green loans,
- sustainability-linked loans,
- project finance sur des actifs renouvelables,
- ou filtrer les contreparties au regard de la Taxonomie européenne et de la CSRD.
Le certificat couvre les cadres analytiques sous-jacents à toutes ces opérations.
4. Engager les entreprises en tant qu’actionnaire responsable
Le stewardship n’est plus optionnel pour les investisseurs institutionnels.
Le module 5 forme à lire un plan de transition d’entreprise, en évaluer la crédibilité, et engager le management — y compris sur la façon de procéder à une escalade lorsque les objectifs ne sont pas atteints.
Pourquoi c’est le moment
Trois forces font passer la compétence climat du « nice to have » au « requis » :
1. Les régulateurs l’imposent
Les stress tests climatiques sont désormais un exercice annuel pour les banques européennes, et l’ACPR a explicitement indiqué que les équipes risques doivent développer des capacités de modélisation climatique en interne, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des consultants externes.
2. Les asset owners l’exigent
Fonds de pension, assureurs, fonds souverains demandent de plus en plus à leurs gérants de démontrer l’intégration du climat dans leur process d’investissement, audité et documenté.
3. La compétence est rare
Selon les dernières enquêtes sectorielles, la demande de profils financiers formellement formés au climat dépasse largement l’offre — particulièrement en gestion des risques, en asset management et en banque corporate.
Autrement dit : c’est l’une des rares certifications où la valeur de marché de la qualification croît plus vite que l’offre de professionnels certifiés.
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